Cet écrit est une analyse personnelle qui loin de porter un jugement, me pousse à contribuer à la réflexion sur la question que se posent bon nombre de praticiens RH et de dirigeants d’entreprises/organisations sur la progression des femmes dans des fonctions de leadership. Venons-en au fait !
Il m’est arrivé lors de différents entretiens de me retrouver en face de femmes qui se sentent totalement désarmées ou s’excusaient parce qu’elles n’avaient pas la réponse à une question. D’autres fois, c’est lorsqu’une opportunité se présente, j’entends par moment certaines femmes très compétentes et performantes en qui bon nombre de personnes croient, qui disent « cette position me dépasse – il y a des choses qui sont attendues de ce rôle que je ne peux pas faire donc je ne vais pas essayer– mais, est-ce que quelqu’un va même penser à moi pour faire ça ? etc. ». Cette litanie de dépréciation de soi peut se poursuivre jusqu’à ce que quelqu’un décide de les booster un peu…mais le Père Noel n’existe pas tous les jours ☹. Alors, souvent nous devons être nos propres Mère Noel en allant chercher ce que nous pensons ne pas pouvoir avoir à cause des barrières invisibles que nous nous sommes construites.
Il y a quelques mois, J’ai été membre d’un panel de recrutement où l’entretien se déroulait en français et en anglais avec la présentation d’une étude de cas que les candidats ont eu le temps de préparer quelques jours auparavant. Sur l’ensemble des candidats aucun ne s’exprimait couramment en anglais y compris l’unique femme qui en faisait partie. Elle avait, ce qu’on pouvait dire dans le langage familier, un CV « béton » et à la lecture sans aucune hésitation un recruteur voudra la présenter au manager du poste pour décision finale.
Lorsque nous avons noté que les candidats avaient du mal avec l’anglais nous leur avons laissé la liberté de poursuivre en français. Les candidats hommes, sans autres formes d’embarras, ont rapidement saisi l’opportunité et ont poursuivi en français. C’est ce que j’appellerai un mental de gagnant.e où aucun élément extérieur ne vous détourne de votre objectif, l’essentiel c’est de l’atteindre avec les opportunités qui sont offertes 😊
Le défi de ne pas pouvoir retenir une femme à la suite de l’entretien a surgi lorsque notre candidate, bien qu’ayant les compétences (ses réponses en français en témoignaient), n’a cessé de s’auto-saboter parce qu’elle ne peut pas s’exprimer en anglais malgré l’opportunité qui lui a été donnée de poursuivre en français et l’effort du panel de la mettre à l’aise. Elle avoue s’être déjà éliminée depuis la réception de l’étude de cas en anglais six jours auparavant. Cela se ressentait lors de son entretien qu’elle ne s’était pas préparée plus que ça, parce qu’elle n’y croyait pas. C’est ce que j’appellerai les pensées limitantes qui nous empêchent de voir les opportunités et les saisir ☹
Cette situation n’est qu’un fait parmi tant d’autres où bon nombre de femmes dans les entreprises/organisations trainent ce sentiment qui les limite dans leur floraison. Au même moment, il y a des hommes et d’autres femmes qui même s’ils et elles n’ont pas toutes les qualifications, se qualifient à l’avance.
J’ai retenu 3 leçons lors de cet entretien,
- Il est primordial qu’en tant que femmes nous commençons par nous départir de ce fameux syndrome de l’imposteur qui nous pousse à nous déprécier
- On ne peut pas être tout le temps prêt à 100% sinon, nous raterons des opportunités qui nous fileront entre les doigts…ne dit-on pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron ? 😊
- Le coaching ou l’autonomisation des femmes doit commencer par la confiance et l’estime de soi car notre posture et notre soif de réussir pourra faire changer la direction du vent en notre faveur
J’en profite pour faire un clin d’œil et célébrer les quelques femmes de mon réseau qui m’inspirent et pour qui donner le meilleur de soi-même malgré l’adversité reste non-négociable